L’action dans tous les sens…

L’action dans tous les sens…

L’action, dans tous les sens…

« Celui qui possède un Pour quoi qui le fait vivre, peut supporter tous les Comment » Nietzche

Qu’est ce que ça veut dire? On vient de rentrer de vacances, et je viens de rentrer d’un Mental Camp à Perpignan et voilà l’envie de partager une réflexion pour donner suite à ce stage.

(Les Mental Camp sont des stages d’auto préparation mentale qui abordent les thèmes spécifiques à une activité pour progresser en réunissant les outils modernes d’hypnose, d’auto hypnose, de PNL, de respiration… et bien d’autres techniques).

Le Mental Camp abordait uniquement l’escalade. Uniquement… est-ce vraiment possible de rentrer dans du clivage lorsqu’on aborde l’être humain et ses émotions. Je ne crois pas. Je ne pense pas qu’on sache être uniquement grimpeur, ou exclusivement nageur, ou fondamentalement triathlète…car nous sommes bien plus que cela.

Nous sommes aussi père, mère, frère, sœur, rêveurs, curieux, aventureux, amis, petite amie, modèle, timide, précieux, courageuse, peureux, … parce que nous sommes humains, nous sommes multiples. Parce que nous sommes multiples, nous sommes parfois complexes, beaux, et émotionnels. Et tout cela prend la forme du Sens de la vie, de notre vie…

On nous dit qu’il faut mettre du sens dans les choses. On nous fait lire des poésies pleines de rimes et d’allitérations, de jeux de mots, et à peine bercés par la musique mélodieuse des notes françaises, on nous demande : « ça veut dire quoi ? C’est quoi le sens ? » Alors, on cherche. On redescend les pieds sur terre et on cherche le sens.

 

On vient de passer d’une absorption rêvée, forte, à un retour concret dans le monde. A l’image de cet exemple, nous aimons faire des allers retours entre le sens de quelque chose, d’une œuvre, d’une action et son analyse logique, sa compréhension. Ainsi, notre cerveau peut mieux savoir si un acte, un fait nous fait vibrer émotionnellement ou pas. 

Pour quoi ? 

 En voilà une question…parce que, un point, c’est tout ! Et pourtant, derrière cette question, que les enfants sont passés maîtres dans l’art de détourner, de retourner, de poser de manière insidieuse, existe un univers absolument magique. Celui de l’introspection et de la connaissance de soi, de l’autre, du monde. La Connaissance.

 

Avez-vous remarqué que l’on s’intéresse assez souvent au pourquoi qui demande explication, ou au comment, et moins au sens, au pour quoi ? (en deux mots).

Exemple : Pourquoi je suis tombé en escalade ? Parce que je ne suis pas assez fort…

Ou : Comment tu fais pour tenir les prises aussi longtemps ? Comment on fait pour courir XXX minutes ?

Certes,  ce sont des questions qui amènent de l’analyse, une prise de recul, et engagent une réflexion très consciente. Ce qui est fondamental dans la pratique d’une activité physique pour progresser. Mais pour mentalement dépasser les obstacles, franchir une barrière, une limite mentale… ce n’est pas suffisant. Savoir analyser la raison d’un blocage comme la peur de chuter par exemple, ne permet pas de calmer le mental pour faire abstraction de cette peur. Elle, la peur, l’émotion, est plus forte que nous à ce moment là. Et nous, généralement, essayons de la combattre par la rationalité… sauf qu’entre l’émotion et la raison…qui gagne d’après vous ? 

 

Le changement à Sens unique

 Pour répondre à un blocage mental, que ce soit dans le sport, ou ailleurs dans la vie au quotidien, il s’agit de parler le langage du mental. Et ce langage-là, c’est celui de l’émotion. Pensez aux moments dans votre vie où vous avez eu une énergie inépuisable dans un projet, un acte, une décision :

 

Quel en était le moteur ? Qu’est-ce qui vous a engagé autant ?

Le sens que vous y mettiez. Agir avait de la valeur pour vous.

Connaitre le sens de nos actions.

Ce n’est pas toujours évident de se rendre compte que nous agissons plus ou moins avec du sens.

En gros, cela consiste à essayer de répondre à la question suivante dans nos actions :

Savez-vous pour quoi vous faites ce que vous faites ?

Ici, le pour quoi est une manière de réfléchir au :

·         Pour quoi faire

·         Pour être quoi ? (Difficile d’écrire pour quoi être, mais c’est l’idée qu’il y a derrière).

Quand je demande dans mes stages Mental Camp : pour quoi vous faites du sport ? La salle se fige, les yeux écarquillés, puis arrivent les réponses courantes, peu émotionnelles mais cependant vraies: « Pour la santé, pour le plaisir, pour les copains, pour se vider la tête… ».

C’est un premier niveau de réponse correct. Mais qu’en est-il au-delà ?

Pour vous, qu’est-ce qui fait que vous grimpez ? Courez ? Travaillez ?

Quel est le but derrière vos choix, vos mouvements, vos décisions ?

Normalement, lorsque vous questionnez les motivations de quelqu’un, ou les vôtres, on peut imaginer que chacune de vos questions agit comme une surface d’oignon qu’on pèle pour arriver au cœur. On enlève des couches pour arriver à …ce qui fait souvent pleurer, de joie, les valeurs.

Les valeurs sont uniques et personnelles.

 Elles sont le moteur sur lequel votre vie va s’appuyer pour vous porter et vous propulser. Lorsque vos valeurs sont prises pour cibles, cela vous met en colère. Lorsqu’elles sont nourries par vos actes, vous devenez inarrêtable.

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai rencontré des clients avec des valeurs tellement fortes qu’ils arrivaient à faire des choses que je pensais impossible.

Par exemple, une mère célibataire, avec 4 enfants, qui commençait ses journées à 5h pour faire du ménage chez des particuliers,  avant d’aller faire caissière, avant de reprendre du ménage et repassage chez des particuliers le soir pour finir à 21h30, et faire maman avant d’aller s’endormir. Je me souviens qu’elle m’avait dit que c’était facile pour elle. Parce que ce qui l’animait plus que tout, c’était l’Espoir en l’Avenir et l’Amour. Et que derrière chaque minute de sa journée, c’était ça qui vibrait : le fait de savoir qu’en faisant ça, ses enfants connaîtraient une vie différente. Alors, rien ne pouvait l’arrêter, ni enlever son sourire…

Quelle énergie il y a à prendre d’un chemin qui nous rapproche de nos valeurs… et quelle énergie il y a à perdre d’une voie qui nous en écarte. Car, effectivement, nous pouvons aussi vivre à côté de nos valeurs, voire les piétiner. Souvent cela donne l’impression de vivre en désaccord, ou de ne plus se reconnaître dans une action « Ce n’est pas moi… ». Ce sera sans doute l’objet d’un article à part entière. 

Les valeurs en actions

 Pour vous donner matière à réflexion, voici l’exemple de ce qui s’est passé sur le Mental Camp.

 

La personne vient en démonstration pour travailler sur l’émotion de peur qu’elle ressent quand elle grimpe, et qui la fait systématiquement redescendre. Motivée bien que débutante, elle tente encore et encore, se heurtant à l’immobilisation que provoque la peur à chaque fois.

JBL : Qu’est-ce que tu veux ?

Stagiaire : Dépasser la peur de chuter. Je ne suis jamais tombé en me faisant mal, mais c’est comme si c’était plus fort que moi.

JBL : Ok. Pour quelles raisons tu grimpes toi ?

Stg : (bug) Pour… me faire plaisir ?

JBL : Vraiment ?

Stg : Oui ! Parce que je fais de la randonnée et que j’ai le vertige, et que c’est pour combattre le vertige que je me suis mis à l’escalade.

JBL : Ok, et cette peur que tu ressens quand tu grimpes, est-ce la même que celle que tu appelles vertiges, ou est ce une peur différente ?

Stg : C’est la même.

JBL : et le plaisir est ce qui t’anime dans ton escalade. C’est aussi le cas pour la randonnée ?

Stg : Oui ! Carrément !

JBL : Pour quoi c’est important le plaisir pour toi, en grimpant et en randonnant ?

Stg : Parce que c’est l’occasion de partager.

JBL : et pour quoi c’est important pour toi le partage dans le plaisir ? Ça te permet quoi, à toi ?

Stg : (introspection…émotion qui monte) Pour moi, c’est ça Vivre… (prise de conscience) …

Nous avons enchainé avec un rapide travail d’auto hypnose guidé pour la démonstration avant de pratiquer en autonomie. Elle a été la dernière du stage à arrêter de grimper, elle ne s’arrêtait plus… de monter, de descendre, de tomber, de recommencer… à 65 ans… (comme quoi, il n’y a pas d’âge pour changer).

Techniquement, que s’est-il passé ? Lorsqu’elle grimpait auparavant, c’était pour aller en haut, ou pour tenter d’aller en haut. C’était le sens premier qui l’amenait à se mobiliser. Et en soi, c’est déjà énorme. Sauf que là venait une émotion qui venait entraver cet objectif. Par le questionnement sur le sens de son acte, elle (et son mental) se sont rappelés que la valeur profonde qui était en arrière-plan c’est la Vie, le fait de Vivre. Automatiquement, son cerveau, avec un peu d’hypnose, une fois ce lien rappelé à la conscience, a pu l’engrammer. Ce qui fait que grimper n’a plus pour objectif d’aller en haut, mais celui de vivre tel qu’elle l’entend. A chaque prise d’escalade touchée, tenue, attrapée même à bout de bras, c’est la vie qui vibre et la pousse. C’est le sens de chaque centimètre gagné.

En travaillant avec des sportifs de haut niveau, et des performers exceptionnels (des gens qui nagent, courent, roulent des ultra distances par exemple), je me suis rendu compte que tous on le même secret.

Ils savent pour quoi ils agissent. Ils ont en tête très précisément le sens de leur entrainement, la valeur d’une journée, et on un objectif de sens clairement défini. Ce qui les rend incroyables, tout comme cette personne citée dans l’exemple précédent, qui a décidé de Vivre et d’agir, en grimpant, chaque jour de sa vie.

Et vous… quel est le sens de vos actions ? Dans quel but, réel, vous entraînez-vous ? Vers quel rêve vous orientez-vous ?  

Cet article a 1 commentaire

  1. Merci Jonathan pour ce texte très inspirant et qui tombe (ou plutôt hisse !) fort à propos ????

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