Irondads

Irondads

Irondad a lifestyle

Il y a un mois, j’écrivais à la veille de mon premier triathlon, qui était aussi mon premier Irondad, un article sincère nommé « Dans la tête d’un Irondad ». Je ne pensais pas qu’il aurait l’effet qu’il a eu. Je ne pensais pas non plus que je recevrai, suite à sa lecture, des commentaires aussi touchant des uns et des autres, amis proches, ou amis beaucoup moins, proche. A tous merci. Non pas pour vos félicitations, mais pour votre inspiration. Car, comme un ami me l’a dit : « En fait… Je crois qu’on est tous des Irondad » Alors, oui, voici une réflexion pendant que mon fils dort, de ce que c’est que d’être un Irondad. 

Etre et Faire

Entre Faire et Etre, il y a un monde. Les Irondads sont parce qu’ils font, certes, mais par leur identité. On est un sportif plus qu’on fait du sport, on est un parent, plus qu’on fait le parent, on est inspirant, ou on fait en sorte de l’être. L’Etre est indispensable. Faire, dire, et raconter, ne font pas les personnes de valeurs. 

J’entends potentiellement déjà certains dire : oui, mais c’est bon pour les triathlètes et les sportifs ton truc. Pas du tout. 

Par mon métier de praticien, d’accompagnant, j’ai rencontré plus d’Irondad de l’ombre, anonyme,  que ceux qu’on peut croiser dans le sport. j’ai vu des papas tenter de devenir jour après jour les papas dont ils ont manqué eux même. J’ai vu des papas enchaîner 2 à 3 boulots et tout tenter pour donner la seule chose qui a vraiment de la valeur : du temps de qualité. J’ai rencontré des gens étonnants d’énergie parce qu’ils tentent d’être tout à la fois. Parce qu’ils sont comme ça. Avant d’être père mois même, je me suis souvent demandé ce qui faisait la différence entre les personnes une fois parents. Ceux qui s’oublient sont nombreux, ceux qui se centrent sur le nouveau né aussi, ceux qui font exactement comme si tout était comme avant alors que plus rien ne l’est…

Je crois que c’est la conscience et le sens qu’on met à la mission. Devenir papa, c’est comme faire un triathlon qui ne s’arrête jamais. Ou alors, quand il s’arrête, c’est qu’on est arrivé à la fin du jeu. Et ces deux domaines, la paternité, et le triathlon, mais ça pourrait être n’importe quel autre sport, sont des endroits où l’on voit les projections des uns et des autres. 

Une projections, c’est une interprétation. C’est plaqué sa conception de la réalité sur quelqu’un d’autre, prenant ainsi le risque de le priver de ça liberté et du loisir de le découvrir. Par exemple : si quelqu’un vous dit « tu es papa? Et ça va? Pas trop dur?  » C’est sa représentation qui s’exprime. Plutôt que de demander comment vous vivez cela, elle plaque le fait que c’est dur comme si c’était une vérité absolu. Dans la triathlon, on nous demande parfois « Mais pourquoi tu fais ça? tu es adicte, avoue, tu fuis quelques chose dans ta vie…. » Et bien en fait….non. 

Il y a deux jours, on m’a demandé comment je vivais le fait d’être papa, avec tout ce que je fais, et comment je gérais la peur. Je me suis stoppé net dans ce que je faisais. J’ai demandé de préciser, car je ne voyais pas en quoi le fait d’être parent devait faire peur. Une projection de vie pleine d’angoisse venait de m’arriver en pleine face et je l’ai esquivé rapidement. « Bah oui, peur d’avoir un enfant, d’en avoir la responsabilité, peur de ceci, peur de cela…. » 

Je ne juge pas. Mais la peur ne fait pas parti de ma vision d’être un père ou un Irondad. L’appréhension, oui. Il y en a et il y en aura encore. Celle ci permet l’anticipation, et quand celle ci n’est pas possible, alors c’est la vigilance qui sera au rdv.  

 Mais la peur? Pour moi, la peur n’existe que pour permettre à l’humain de devenir courageux. C’est un prétexte au courage et au développement de la résilience. A l’âge le plus jeune et le plus fragile, mon fils n’a pas peur. Il est, c’est tout, alors qu’il pourrait avoir peur de tout. La hauteur d’une chaise, d’un canapé pourrait lui être fatale, et lui…il ne craint rien, il est, point. Paradoxalement c’est l’adulte qui est plein de craintes et de limites. 

Aujourd’hui, j’ai la chance de connaître de plus en plus d’Irondads, ces pères qui veulent être optimiste inspirant par ce qu’ils sont, et ce qu’il font. Que ça aille du congé paternité trop court qui amène à prendre une année sabbatique, ou à celui qui attend un poste dans l’éducation nationale qui passe les deux premières années de sa fille en père à domicile tout en étant en équipe de France dans son sport, à celui qui se lève à 5h pour s’entraîner pour être là au réveil avec le petit déjeuner et le sourire… Tous ce sont des Irondads exceptionnels. Car être un Irondad, c’est avoir des rêves, des valeurs, incarnées, vraies, pas celles qui sont dites, mais celles qui respirent à travers vous. 

Une façon de vivre qui ne se fait pas seul 

Et oui, car être un Irondad dépend certes de vous, mais pas que. Puisque celui et celle qui vous fait, c’est l’IronMum et l’IronChild auprès de qui vous évoluez. Un équilibre ou personne ne s’oublie et où chacun est respecté doit se créer et s’entretenir. Bref, un triathlon du quotidien que beaucoup réussissent… et les points se comptent à la fin de la partie. 
Au fait, j’ai eu envie d’écrire quasiment à la veille de mon second triathlon format Half Ironman, les Trigames de Cagnes, où j’aurai le privilège de courir auprès de centaines d’autres Ironmum et Irondad anonyme et pourtant, héros des temps modernes. 

A bientôt. 

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu